20.11.2009
She walks in shadows
Chers lecteurs de l'Internet,
Je vous délaisse lamentablement et ne prend le clavier que pour vous noyer dans de verbeuses considérations qui vous distraieront de chercher toute note potable (ou pas). En vrai, j'ai tout de même beaucoup de travail, un supérieur imbuvable et des soirées très prises. Je pourrais vous raconter que j'ai été à l'Opéra Garnier mercredi soir voir le ballet "Joyaux" du grand George Balanchine, présenté pour la première fois en 1967. Je pourrais alors vous narrer comment j'ai trouvé le premier tableau, "Emeraudes", infiniment trop académique et desservant légèrement la musique de Fauré mais néanmoins exécuté presque impeccablement à l'exception d'une arabesque tremblée et d'une posture mal tenue à la fin d'un solo. Ce sont aussi les costumes de Christian Lacroix que j'ai préférés (ce qui n'étonnera pas ceux qui me connaissent et qui savent à quel point je voue un culte à la couleur verte). Ensuite, je vous raconterais sans doute que j'ai été absolument époustoufflé par "Rubis", le deuxième tableau, d'une vigueur et d'une originalité incroyable, porté par un soliste masculin exceptionnel et un pas de trois qui m'a coupé la respiration. Le capriccio pour piano et orchestre d'Igor, le contemporain de Balanchine, était un bonheur pour les oreilles et la pianiste a bien mérité ses applaudissements. D'ailleurs, la salle ne s'y est pas trompée et les applaudissements étaient nourris. Après l'entracte, où j'ai constaté une fois de plus que beaucoup de personnes ne s'habillent plus pour l'opéra (pourtant, plus jeune, que j'aille au théâtre ou à l'opéra avec mes parents, je ne croie pas que quinconque aurait osé s'y rendre en tenue de jour, je n'ai le souvenir que de spectateurs s'étant changé pour sortir) et que d'autres sont ridiculement apprêtées (ce n'est pas une soirée de gala, les gens, ni même la garden-party de l'Elysée) ce qui les rend peut-être encore plus déplacés que les autres, je me suis régalée de "Diamants" qui allie virtuosité et raffinement. Il ne m'a cependant pas autant touché que "Rubis" que je trouve brillamment décalé, s'inspirant des musiques plus populaires et des gestes plus saccadés des poupées. A cette occasion, il se pourrait alors que je vous narre ma théorie, née mercredi soir et absolument subjective, selon laquelle "Joyaux" célèbre plus spécifiquement le danseur mâle, certes inférieur en nombre, mais qui représenterait le danseur (pas seulement mâle, le danseur dans sa globalité) et donc Balanchine lui-même tandis que les femmes représenterait la danse (en tant que figure allégorique). Les pas de deux, toujours en deuxième position dans chacun des tableaux permettent au spectateur de comprendre la relation du danseur à la danse au travers de la vie. De la perfection académique des ballets russes dans Emeraudes où la danse est une partenaire que l'on vénère mais une partenaire sévère, qui peut mener à l'exil, à la douce folie de Paris et de l'Europe occidentale et la vie d'artiste où pour la première fois on peut s'amuser avec la danse pour terminer en apothéose avec la création du New-York City Ballet, sous les projecteurs de la ville lumière. L'osmose entre la danse et le danseur est enfin atteinte et, après une vie de danse, le danseur et la danseuse peuvent se laisser porter par la danse sans devoir s'effacer devant elle.
Peut-être pourrais de même vous annoncer que je suis très occupée à chanter cette semaine avec une répétition hier soir, une ce soir et plusieurs heures d'affilée demain. C'est une bonne chose que j'ai décidé d'aller me ressourcer chez mes parents la semaine dernière car je en pourrais pas y retourner avant Noël, entre les week-ends entre amies, ceux de préparation au mariage et les deux concerts de la chorale. Mon fiancé, occupé la semaine dernière, y va ce soir jusqu'à dimanche. Dans ces moments, je me dis que nous avons peut-être trop d'occupations... Je voudrais bien vous dire quelque chose d'intelligent à propos d'une exposition ou des programmes de cinéma mais ne nous leurrons pas, j'irais sans doute voir Twilight, le number 2, ce week-end avec une amie. Tout est dit.
16:06 Publié dans Un petit peu de moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : opera garnier, joyaux, balanchine, new york city ballet, chorale
18.11.2009
Tactique et conquêtes
Hier soir, j'ai joué au go pour la première fois de ma vie. Trois partie sur un petit tablier mais apparemment je ne m'en suis pas trop mal sortie pour une débutante et j'ai "de l'intuition" (ça veut dire que je ne comprends encore rien aux règles mais que j'arrive à faire illusion). En m'attaquant juste aux règles de base, ça m'a semblé plus simple que la partie de coinche qui a suivi (mais je n'ai jamais réussi à compter les atouts dans le jeu). Un chose est sûre, je recommencerai...et j'aurais bien voulu faire au moins une partie de plus.
Le go se joue à deux : un des joueurs a les pierres noires (kuro) et l'adversaire les pierres blanches (shiro). Le tablier, appelé goban, est un carré sur lequel se croisent des lignes noires verticales et horizontales. J'ai joué deux fois sur un goban de 9*9 lignes et une fois sur un de 13*13 mais les grands tabliers comportent 19*19 lignes, soit 361 intersections. Les pierres se posent aux intersections et, symbolisant des soldats, le but est de conquérir le plus de territoires possibles, les points se totalisant à la fin de la partie en comptant le nombre d'intersections vides que chacun des joueurs possède. Les pierres adjacentes de même couleur sont connectées et forment un groupe et c'est ce groupe qu'il faut étendre pour contrôler le goban, empêcher l'adversaire de se développer et toujours voir le plan d'ensemble pour ne pas risquer de perdre ses pierres. Voici, de manière très basique, les règles du go. Celui qui a le plus de points à la fin de la partie la remporte.

Et, parce que j'aime les légendes, en voici une, tirée d'un recueil chinois compilé en 668 .
"Le patriarche de la secte bouddhiste Zen, Bodhidharma, rencontra aux Indes deux moines étranges et plutôt sales qui ne faisaient que jouer au go, et pour cette raison étaient méprisés par les autres moines. Les regardant jouer, le patriarche les voyait disparaître et réapparaître constamment, ce qui constituait pour lui un signe qu'ils avaient atteint l'illumination. A la fin de leur partie, ils expliquèrent pourquoi ils se consacraient exclusivement au go :
15:35 Publié dans Derrière le rideau du réel (et parfois devant) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jeu de go, goban, pierres, moines
17.11.2009
Folklore
17:32 Publié dans Derrière le rideau du réel (et parfois devant) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
16.11.2009
A ma sauce
A Poison Tree
I was angry with my friend:
I told my wrath, my wrath did end.
I was angry with my foe:
I told it not, my wrath did grow.
And I watered it in fears,
Night and morning with my tears;
And I sunned it with smiles,
And with soft deceitful wiles.
And it grew both day and night,
Till it bore an apple bright.
And my foe beheld it shine.
And he knew that it was mine.
And into my garden stole
When the night had veiled the pole;
In the morning glad I see
My foe outstretched beneath the tree.
(William Blake, un type que j'aurais adoré rencontrer. Picture to follow in a few hours.)
(Sinon, oui, oh toi incrédule lecteur, bien vu : le titre n'a rien à voir avec le contenant. J'allais vous écrire totalement autre chose mais Blake m'est venu en tête et quand la poésie se manifeste, on ne refuse pas. Et puis j'avais oublié ce que je voulais écrire.)
15:30 Publié dans 83, 84, 85, 86 etc Impressions littéraires | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : willima blake
15.11.2009
Un dimanche chez mes parents
12.11.2009
A désinfecter de la vie ce qu'elle abrite de mort
Mardi soir, l'homme qui partage ma vie s'est cogné, très fortement, sur le coin supérieur gauche de notre secrétaire. J'ai d'abord eu peur en le voyant se tenir le visage, la main à hauteur des yeux. C'est en voyant un flot de sang s'échapper de son cuir chevelu que j'ai poussé un soupir de soulagement : l'oeil était intact (il a des yeux bleus formiables et trouver un oeil de verre de la même couleur que l'autre aurait été compliqué). Il fallait donc que je regarde de plus près la blessure consécutive au choc sourd que j'avais entendu : point trop loin du front mais déjà dans le cuir chevelu. Second soulagement : enfin une blessure non visible! Avec les entraînements et matches de rugby, il revient en effet légèrement abîmé chaque semaine : griffures, coups de crampons, bleus énormes... Cuisses et mains sont les plus exposées et sont revenues samedi dernier un peu entamées mais la joue avait pris aussi un sacré coup la fois précédente et nous avons passé samedi trois heures aux urgences pour tenir compagnie à un ami qui s'est fait une entorse au genou. Un autre ami (ils sont quatre à jouer dans la même équipe) est revenu du dernier match avec un coquard d'anthologie.
La coupure était nette, pas large, un peu longue tout de même ; il me fallait du désinfectant. Farfouillant dans les tiroirs du meuble de salle de bain, je pestais contre la personne qui n'avait pas rangé le flacon au bon endroit. L'estropié, à qui j'avais intimé l'ordre de rester la tête en arrière, une gaze contre la blessure et qui s'était levé à mon insu, surgit alors derrière moi et me demanda candidement, désignant un flacon transparent : "et ça, ne n'est pas le désinfectant?". Je laissai échapper un petit rire en répondant que non, c'était le dissolvant. Levant alors la tête, mon rire s'éteignit en voyant la tête du fiancé. Il avait jusque là traité chaque blessure avec ce flacon. Le désinfectant était dans le tiroir du dessous.
19:59 Publié dans 784 Le chant de l'oiseau moqueur | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note





















